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VIENTIANE, la capitale du Laos

25 au 27 janvier 2011
Nos journées à Vientiane ont été fort occupées… après avoir ébauché mille plans pour revenir au Laos et voyager dans la campagne (on se loue une auto ? un 4 x4 ? un tuk-tuk ? une moto ? deux motos ? avec ou sans chauffeur ? 2, 3 ou 4 semaines ?) et après en avoir discuté avec des gens du pays, nous avons finalement décidé que 2 motos et un petit baluchon seraient la façon idéale de voyager au Laos… l’hiver prochain peut-être… Le locateur de moto est trouvé, un français sympa qui organise ce genre de trip pour les jeunes et moins jeunes, le type de moto est identifié et Lucie effectue même un essai routier… c’est concluant, nous mettons ça dans la liste des «top» projets pour 2012 !
Bon, après tout ce «magasinage», il faut bien aller voir les principales curiosités de Vientiane qui sont, vous l’aurez deviné… des temples ! Même si notre liste de temples visités est déjà pas mal longue, il paraît qu’il ne faut absolument pas manquer ceux de Vientiane ! En bon touristes consciencieux que nous sommes, nous sommes donc allés saluer les Bouddhas du Wat That Luang et du Wat Sisaket.
Wat That Long, le monument le plus sacré du Laos
Le Wat That Luang est en fait un grand stupa doré;  sacré, il est censé contenir un cheveu de Bouddha ainsi que les cendres de sa hanche ! C’est le monument religieux le plus sacré du Laos, c’est là que réside le chef suprême du bouddhisme lao. On ne peut pas dire que ce fut le plus impressionnant stupa qu’on n’ait vu mais les monastères environnants et l’observation de la vie quotidienne des gens du quartier valaient le déplacement.
Anecdote… Pas de restos aux alentours du Wat, il est midi, on décide d’acheter un petit quelque chose des dames qui font cuire en plein air différents mets qui semblent succulents. Partout en Asie, les locaux s’assoient sur de petites chaises basses autour de la cuisine ambulante et mangent ainsi pour 3 fois rien. Les brochettes de bœuf semblent appétissantes, on en prend donc chacune une pour essayer… dès la première bouchée, on se rend compte qu’il ne s’agit pas de viande de bœuf… Impossible de mastiquer ça, on dirait une tranche de pneu ! On se rabat donc sur l’achat de quelques bananes pour dîner, une valeur plus sûre pour nos estomacs ! Plus tard dans la journée, je lis dans mon guide que l’un des mets typiques du coin est de la peau de buffle grillée ! Eh bien, il avait la couenne dure notre buffle !!!
Quelques uns des 10 000 bouddhas du Wat Sisaket
Le Wat Sisaket quant à lui est nettement plus impressionnant et rehausse la cote des temples de Vientiane. Situé au cœur de la ville, dans un petit jardin paisible, Sisaket venait d’être construit en 1818  lorsque les Siamois (ancienne Thaïlande) ont déferlé sur Vientiane. Ils l’épargnèrent cependant parce qu’il avait été construit dans le style… siamois, entouré de colonnades et avec un toit à cinq pans ! La principale caractéristique du temple est qu’il abrite plus de 10 000 statuettes de Bouddha !!! Elles sont généralement disposées deux par deux dans des niches dans l’enceinte du cloître entourant le temple ou dans le sanctuaire principal. À l’extérieur, le temple est entouré d’une galerie décorée de statues de bronze de Bouddha du 18e siècle dans différentes positions de méditation.

Wat Ho Phra Kéo
Le musée du Wat Ho Phra Kéo, à deux pas du Wat Sisaket, abrite une hétéroclite mais intéressante collection d’objets d’art sacré lao et khmer. Son architecture est censée reproduire l’ancien temple royal détruit par les siamois en 1828. Le temple avait été construit initialement en 1565 pour accueillir le Bouddha émeraude qui réside maintenant à Bangkok (oui, nous l’avons salué lors de notre passage à Bangkok). Les siamois l’ont dérobé en 1779 considérant qu’il leur appartenait mais les laotiens l’ont toujours revendiqué. C’est d’ailleurs encore aujourd’hui une épineuse question en litige entre la Thaïlande et le Laos. Difficile de trancher, qui a raison ? C’est exact que le Bouddha émeraude se trouvait sur le territoire de l’actuelle Thaïlande au temps du roi Setthathirat mais ce territoire appartient maintenant au Laos… Notre suggestion… une garde partagée… ce serait un bon compromis, non ?
Nous quittons le Laos la tête remplie de beaux paysages et de projets futurs… À bientôt Laos !

LUANG PRABANG

Temples du Wat Xieng Tong à Luang Prabang
   
21 au 24 janvier 2011
D’entrée de jeu, disons que nous n’avions qu’une semaine à consacrer au Laos car nous avions rendez-vous avec nos amis pour une croisière dans les environs de Phuket en Thaïlande à la fin janvier. Tant qu’à être dans le coin, nous voulions quand même voir de quoi avait l’air ce pays dont on avait entendu beaucoup de bien… pas de sites fameux comme Angkor ou Halong, pas de mégapoles comme Bangkok ou Kuala Lumpur mais de petites villes encore authentiques, des gens souriants et heureux, un rythme de vie relax et une nature luxuriante… et nous n’avons pas été déçus, juste tristes de ne pas pouvoir y rester plus longtemps… ! Le projet est d’y revenir et de voyager dans les petits villages de la campagne du nord du pays où le temps s’est arrêté. Nous en avons juste eu un petit avant-goût lors de notre trajet de bus entre Luang Prabang et Vientiane et nous avons été conquis !
Luang Prabang, au nord du Laos, s’étend toute en longueur sur une langue de terre au confluent du Mékong et de la rivière Nam Khane. Entourée de collines couvertes de forêt tropicale, on dit de Luang Prabang qu’elle est la plus belle du pays même si de taille elle est au 3e rang (52 000 habitants). Sur le plan culturel, la ville est la plus riche en histoire et en monuments religieux du Laos. Elle a d’ailleurs été classée au Patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco. Ville fluviale, ville royale, Luang Prabang nous a séduits par son atmosphère relax (tout un contraste quand on arrive d’Hanoi !), ses temples splendides, son architecture coloniale et la nature à la fois sauvage et amicale qui l’entoure.
Moines déambulant au Mont Phousi
Nous avons débuté la visite de la ville par l’ascension (100 m !) du Mont Phousi situé au cœur de la ville. De là haut, on embrasse du regard toute la péninsule et on peut y observer le va-et-vient constant des petits bateaux sur les deux rivières. Évidemment, le mont Phousi abrite plusieurs stupas, temples et statues de Bouddha. Au Laos, on retrouve avec plaisir les Bouddhas plus élancés et d’allure plus mystiques que les Bouddhas bedonnants du Vietnam que l’on trouvait moins inspirants.
Le Wat Xieng Tong est le temple le plus richement décoré de Luang Prabang.   

Mosaïque «Arbre de la vie» du Wat Xieng Tong
Construit en 1560, son architecture incorpore des pans de toit qui descendent presque jusqu’au sol et une immense mosaïque de verre à l’arrière du temple qui représente l’Arbre de la vie.  Les murs extérieurs sont également décorés de mosaïques qui racontent des histoires et la vie quotidienne des gens.  À l’intérieur, les murs peints en  noir et décorés de pochoirs à la feuille d’or imposent le respect face au Bouddha couché qui y réside.
Autre site incontournable de Luang Prabang, l’ancien palais royal devenu maintenant musée. Construit en 1904 pour le roi Sisavangvong et sa famille, c’est un curieux mélange d’architecture européenne et laotienne. Quand le roi est mort en 1959, son fils a hérité du trône mais la révolution de 1975 a chassé la royauté du palais qui est devenu un musée. Le temple qui jouxte l’ancien Palais royal est aussi remarquable. Les piliers de bois et les plafonds sculptés et peint en rouge et or à l’intérieur sont absolument magnifiques. Que de richesse !

Temple sur le site de l'ancien Palais royal
En plus de tout ça, Luang Prabang nous a offert deux belles surprises !
D’abord, nous avons pu y retrouver nos deux couples d’amis québécois Francine et Jacques ainsi qu’Andrea et Richard qui visitaient aussi l’Asie ensemble et qui devaient nous rejoindre à Phuket en Thaïlande dans une dizaine de jours pour une croisière de 2 semaines avec Voile Passion Soleil. Quel bonheur que nos routes se soient ainsi croisées par hasard ! Nous avons pu ainsi partager ensemble trois très agréables soirées et échanger sur nos expériences «asiatiques» respectives.
L’autre surprise fut de tout ordre… Notre histoire d’amour avec les éléphants amorcée au Népal s’est poursuivie au Laos… ! En effet, Réal a accepté un contrat de photographie d’une journée de la part d’une entreprise qui organisait des excursions style «VIP» à dos d’éléphant ! En échange des photos et vidéos qu’il prenait, on nous offrait un tour gratuit d’une journée qui combinait une excursion de 2 heures à dos d’éléphant, une rando dans la jungle et une descente de rivière en radeau. Ainsi, le photographe Réal  a pu, tout à son aise, trottiner tout autour des éléphants toute la journée alors que Lucie posait comme la touriste en excursion et comme mahout assise sur le cou de l’éléphant, lui caressant les oreilles avec ses orteils ! Une très belle journée dans la nature et un contact exceptionnel avec ces bêtes si magnifiques !

HANOI, LA CAPITALE


Lac Hoan Kiem à Hanoi

12-13 et 19-20 janvier 2011
Hanoi, la capitale communiste du nord a été violemment bombardée durant la Guerre avec les américains comme on appelle ici la Guerre du Vietnam mais le centre de la ville a été épargné, c’est surtout la périphérie qui a été ciblée. De toute façon, l’empereur Tu Duc avait rasé tous les palais de la ville avant de déménager sa capitale à Hué en 1848. Il reste donc peu du passé architectural d’Hanoi mais elle conservé toute son authenticité. Bien sûr, tout comme à Ho Chi Minh ville, le processus de modernisation et d’occidentalisation est en cours, la construction bat son plein mais on sent que Hanoi demeure plus conservatrice, moins pressée de changer.

Le «vieux Hanoi» est tout simplement fascinant. Des rues étroites bondées de motos qui débordent de marchandises et de piétons s’y frayant un chemin. Trottoirs ? On oublie ça, ils servent dorénavant d’étal pour les marchandises à vendre et de stationnement pour les motos. On y rencontre même des chaises de barbier, des boucheries et des mécaniciens ! Traverser une rue à Hanoi est tout une expérience ! Surtout après avoir compris qu’aucune règle de circulation occidentale ne s’applique, en fait, il n’y a pas vraiment de règle ou plutôt si, une seule… tout ce qui est devant à priorité. On ne s’occupe nullement de ce qu’il y a en arrière, de toute façon, la majorité des motos n’ont pas de rétroviseurs ! Ainsi une moto devant vous peut décider brusquement de tourner, vous devez l’éviter et celui en arrière de vous, vous éviter. Ça semble le chaos le plus complet mais, finalement, ça fonctionne, pas besoin de feu de  circulation et de sens unique, tout est permis !
Ah oui, comment traverser une rue avec une douzaine de motos de large ? Surtout, ne pas courir, avancer lentement, sans mouvement brusque, les motos, les autos et les autobus vous éviteront en passant de chaque côté de vous… bien sûr, vous êtes en avant d’eux… !
Revenons au Vieux quartier d’Hanoi, son centre historique. Il y a d’abord le lac Hoàn Kiém, tout entouré de beaux arbres, des flamboyants… que ce doit être beau au printemps lorsqu’ils sont en fleurs ! Le soir, la promenade autour du lac est éclairée par des centaines de lanternes chinoises multicolores suspendues aux arbres et qui se reflètent dans le lac, tout simplement magique ! Il y a aussi le petit temple Ngoc Son au nord du lac qu’on atteint par un pont peint en rouge et lui aussi éclairé la nuit… le rendez-vous des amoureux !
Au  nord du lac, c’est le vieux quartier des corporations. Constitué au 15e siècle, c’est un véritable treillis de rues et ruelles étroites, chacune dédiée à une corporation ou un métier et bordée d’une multitude de petits restos installés sur les trottoirs. Ainsi, Hang Giay est la rue des chaussures, Hang Bo, la rue  de la mercerie, Hang Cân, la rue du carton, de la ficelle et des balances, Hang Bac, la rue des monuments funéraires, Hang Mành, la rue des instruments de musique etc. Même si certains métiers ont disparu et que  la vocation de certaines rues a changé, dans la plupart des cas, on se regroupe encore. Très pratique quand on veut acheter un bouton ou un boulon, on a le choix et la concurrence est proche… ! Fascinant de s’y balader, un peu stressant au début à cause de la circulation intense mais on s’habitue finalement et cela se transforme en une expérience inoubliable !
Hanoi abrite évidemment plusieurs temples et musés à ne pas manquer. Le Temple de la littérature est le plus fameux de tous. Construit en 1070 et consacré au culte de Confucius, c’est le seul édifice de cette époque qui a survécu à tous les conflits au Vietnam. Originalement il était destiné à l’éducation des princes et des enfants des mandarins. Le Vietnam est fier de dire que ce fut sa première université, fondée bien avant celle de Paris, Londres et Rome ! À partir du 15e siècle, l’institution se démocratisa en acceptant les meilleurs élèves de chaque province, à la suite de concours nationaux, même s’ils étaient d’origine populaire.
Tout près du Musée de la littérature se trouve les très beau Musée des Beaux-Arts aménagé dans un édifice colonial  qui renferme d’excellentes collections de peintures (estampes, peintures sur soie, laques etc.), de sculptures et d’art populaire. On est un peu surpris de voir plusieurs tableaux illustrant des scènes de guerre mais cela fait partie de leur vécu… un véritable condensé de l’histoire du pays à travers ses artistes.

Une autre pagode, celle du Pilier Unique, l’emblème d’Hanoi. Toute petite et construite sur un seul pilier, elle est supposée ressembler à une fleur de lotus. Le pilier, originalement a été détruit par les Français, leur dernier acte avant de quitter Hanoi en 1954. Il a été remplacé par un pilier en béton qui, il faut l’avouer, a moins de charme. La  petite pagode est toutefois très mignonne et on ressent toute la dévotion des fidèles qui viennent s’y recueillir.
Autre curiosité d’Hanoi, son spectacle de marionnettes sur l’eau. Unique à Hanoi, cet art est vieux de plusieurs siècles. La scène est un bassin d’eau entouré de panneaux de bambou qui cache les marionnettistes. Ceux-ci, immergés jusqu’à la taille manient avec une habileté époustouflante des marionnettes installées sur une plateforme de bois flottante. Aucun fil apparent, tout le jeu des marionnettistes se passe sous l’eau ! Fascinant et amusant. Les musiciens qui accompagnent le spectacle nous démontre aussi tout leur art avec une première partie musicale des plus intéressantes et agréables à l’oreille. Puis, vient le spectacle des marionnettes lui-même qui est, en fait, une série de petites scènes à caractère campagnard : travaux dans les champs, récolte du riz, combat de buffles, course de pirogues etc. Depuis 1995, ce spectacle d’allure plutôt naïve a fait le tour du monde et enchanté petits et grands. Nous avons été aussi conquis et nous nous sommes biens amusés, une belle soirée !
À travers toutes ces visites, nous avons aussi eu le très grand plaisir de souper à deux reprises en compagnie d’un québécois qui vit au Vietnam depuis 14 ans, Claude Potvin ainsi que de sa charmante épouse vietnamienne, Kim et leur petite fille de 4 mois, Kimmie. Claude est un amoureux de l’Asie et il l’a sillonné dans tous les sens. Chaleureux, enthousiaste et excellent conteur,  il nous a permis, à travers de multiples anecdotes et faits vécus, de mieux connaître ce peuple vietnamien aux traditions et valeurs parfois si différentes des nôtres. Ainsi, dans les jours qui ont suivi notre premier souper, nous avons pu observer et remarquer mille et un détails qui échappaient à notre attention auparavant. Un mois, c’est bien court pour apprivoiser des traditions millénaires, nous avons pu en avoir seulement un bref aperçu mais, grâce à Claude et Kim, nous sommes un peu plus en mesure d’apprécier maintenant la complexité et la richesse de la culture vietnamienne. Merci Claude et Kim pour votre grande hospitalité et votre générosité ! Nous espérons vous recroiser encore… quelque part au monde !

Enfin, nous ne pouvions quitter Hanoi sans aller visiter le Mausolée d’Hô Chi Minh, le père fondateur du Vietnam réunifié même s’il est décédé en 1969, 6 ans avant la réunification du pays en 1975. La visite est empreinte d’une grande rigueur. La dépouille embaumée repose dans un cercueil de cristal fortement illuminé qui ajoute à la blancheur du personnage aux cheveux blancs et tout de blanc vêtu. Plutôt impressionnant… pas question de prendre des photos, de chuchoter et même de ralentir le pas… on défile tranquillement à environ 3 mètres du cercueil entouré de 4 gardes. Le Mausolée lui-même est supposé ressembler à une fleur de lotus mais il nous apparaît plutôt comme un gros monument carré et austère. Même si tout bon vietnamien se doit de venir rendre hommage à l’Oncle Hô au moins une fois dans sa vie, on chuchote que ce genre de mausolée ne serait pas du goût d’Hô Chi Minh qui avait souhaité être incinéré et ses cendres placées sur le sommet des trois plus hautes collines de chaque province du Vietnam (nord, centre et sud), signe de l’unité du pays. Toutefois, Hô Chi Minh est mort avant la réunification du pays et le Nord a revendiqué le privilège d’abriter sa dépouille. Enfin, pour l’anecdote, on dit, qu’à chaque année, la dépouille est envoyée en Russie pour rafraîchir l’embaumement…
C’est ainsi que se termina notre visite d’un mois au Vietnam. On nous avait beaucoup dit que le Vietnam avait beaucoup changé, qu’il s’était beaucoup «occidentalisé» au cours des dernières années et c’est sûrement vrai mais le pays et ses habitants nous ont quand même conquis et nous avons été enchantés de notre séjour au pays de l’Oncle Hô ! Nous espérons bien te revoir un jour Vietnam !

BAC HÀ ET SON MARCHÉ DU DIMANCHE



Les Hmong fleurisau marché de Bac Hà
 16 au 18 janvier 2011
À 350 km au nord d’Hanoi, dans les montagnes, Bac Hà est une petite bourgade tranquille, sauf le dimanche alors que des centaines de montagnards de différentes ethnies descendent vers la ville pour aller au marché. Sans contredit, le marché le plus animé du Vietnam et aussi le plus coloré qu’on ait vu à date.
 Le Nord-ouest du Vietnam, région frontalière avec la Chine, est habité depuis des siècles par des ethnies originaires de la Chine et du Tibet; ce sont ces mêmes ethnies qui peuplent aussi les régions montagneuses du nord du Myanmar, de la Thaïlande et du Laos. Traditionnellement, les vietnamiens sont restés loin des montagnes, peu propices à la culture du riz.
La vie n’est toujours pas facile dans ces montagnes où jusqu’à la fin des années ‘70, la culture du pavot (opium) était le principal revenu. Le gouvernement a mis fin à cette culture (du moins sur une grande échelle) en 1986 et on voit maintenant pousser dans les champs des légumes, du mais et des arbres fruitiers, pruniers, pommiers et pêchers notamment. Ce n’est qu’au cours des dernières années, que des écoles primaires ont été ouvertes (en langue vietnamienne) et les enfants doivent aller dans des pensionnats en ville s’ils veulent poursuivre leurs études secondaires.
Culturesen terrasses dans les environs de Bac Hà
Pour les touristes, c’est une région fabuleuse à découvrir. Le relief très accidenté offre des panoramas superbes : partout, des cultures en terrasses et des petits villages nichés au fond de profondes vallées. On y organise des randonnées pédestres avec guide qui permettent d’accéder aux villages des minorités et de découvrir leur mode de vie traditionnel. Nous ne sommes malheureusement pas dans la bonne saison de l’année pour y faire de longues excursions. Il fait froid (5-100C) et le temps est gris et pluvieux. Nous prenons quand même le train de nuit à partir d’Hanoi pour débarquer à Bac Hà le dimanche matin et ne pas manquer le fameux marché… et ça valait vraiment le déplacement ! Du jamais vu ! Ici l’ethnie fortement majoritaire s’appelle les Hmong qu’on qualifie de «fleuris» parce que leur costume est tout coloré. Il y a aussi dans la région des Hmong blancs, rouges, noirs et verts (à cause de la couleur de leur costume) ainsi que des Dzao, des Giay etc.
Balais et piments à vendre !
On vend de tout au marché de Bac Hà : des animaux, des fruits, des légumes, de la viande fraîche, des vêtements, des outils traditionnels, des produits ménagers, des bijoux, des herbes médicinales et naturellement, quelques souvenirs pour les touristes, mais la très grande majorité de la marchandise s’adresse à la population locale, d’où son authenticité. Le marché, tout en serpentin, s’étend sur plus d’un kilomètre au milieu du village; les allées sont bondées de gens, toute la famille vient au marché, et il faut jouer du coude pour s’y frayer un chemin. Il est fascinant d’y observer les hommes inspectant la dentition d’un buffle avant de l’acheter et les femmes marchandant habilement un balai, un vêtement ou une tresse de piments !
Les femmes Hmong fleuris portent toutes le vêtement traditionnel lourdement brodé : un collet-châle attaché serré au cou, une jupe circulaire épaisse recouverte d’un tablier en avant et en arrière, le tout maintenu à la taille par une ceinture, évidemment fleurie ! Sur la tête, un foulard aux couleurs vives et, autour des jambes, des bandes d’étoffes brodées comme la jupe. Les femmes portent leurs bébés drapés dans une couverture dans un genre de sac, soutenu par des sangles aux épaules et attaché à la taille,  décoré tout comme leurs habits.
Les buffles sont utilisés pour les travaux agricoles
Le lendemain, nous avons bravé la grisaille (!) et nous sommes partis à pied avec un guide à la découverte de trois villages environnants, une randonnée de 4 heures. Et heureusement que nous avions un guide car nous nous serions rapidement perdus dans ce dédale de petits sentiers boueux à travers les cultures en terrasses ! Nous avons pu ainsi voir des gens labourant leurs champs avec leurs buffles, des femmes récoltant les choux d’hiver, des villageois construisant des maisons d’adobe et des enfants revenant joyeusement de l’école. Encore de belles photos et vidéos pour Réal ! Les villages étaient quasi déserts, tout le monde travaillait aux champs. Encore une fois, la campagne nous ravit et nous offre de belles rencontres. La barrière de la langue est toujours là mais notre guide nous sert d’interprète et la caméra de Réal attire les petits et grands comme un aimant !
Dans les environs, il y a aussi la ville de Sapa qui est réputée pour ses randonnées mais elle est deux fois plus élevée en altitude et on nous dit qu’il y neige… ! Nous ne sommes pas vêtus pour ce genre de climat, on décide donc de remettre à la prochaine fois, en été, notre exploration plus en profondeur du nord-ouest vietnamien. Ça en vaut la peine, nous reviendrons, c’est promis !

BAIE D’HALONG


Paysage typique de la Baie d'Halong
14-15 janvier 2011

Malgré la vague de froid inhabituelle qui apporte du temps frais et pluvieux dans le nord du Vietnam (10-150 C), il n’est pas question de manquer la Baie d’Halong, un autre site sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco ! La baie d’Halong, qui s’étend sur 1 500 km² dans le Golfe du Tonkin, à proximité de la Chine et à 170 km à l’est d’Hanoi, présente un paysage exceptionnel caractérisé par près de 2 000 îles, pour la plupart calcaires, des pics aigus qui surgissent de la mer ou des falaises qui y plongent.

Nous avons été finalement assez chanceux avec la température, il n’a pas plu, le temps était gris, ce qui est assez fréquent à Halong, et pas trop froid. Nous avons fait une croisière de 2 jours qui nous a permis de découvrir un décor unique, voire magique, on se croirait dans un décor d'estampe chinoise ! La brume qui y sévissait ajoutait à l’atmosphère mystérieuse qui se dégage de ce paysage un peu fantomatique.

En plus de la croisière, nous avons fait une belle balade en kayak de mer, pour le plus grand plaisir de Lucie et aussi visité une caverne absolument fabuleuse, la plus grande et la plus belle que nous ayons jamais vue ! Nous avons également pu observer les pêcheurs qui étendent leurs filets dans la baie; des barques et des  petits bateaux, une pêche artisanale. Nos compagnons de croisière se sont révélés des plus agréables ce qui a ajouté au plaisir du voyage.

Étant hors saison, la baie n’était pas encombrée de jonques, ces bateaux de bois qui accueillent les touristes pour une croisière de 2 ou 3 jours. Mais, à voir le nombre de jonques mouillées dans le port (des centaines), on imagine bien qu’en haute saison, le trafic maritime doit y être intense et le paysage moins sauvage !

La baie d’Halong vaut sans contredit le détour. Nous espérons y revenir un jour dans de meilleures conditions climatiques pour la découvrir sous son plus beau jour !

HUÉ, LA CITÉ IMPÉRIALE

7 au 11 janvier 2011

À la Citadelle de Hué, le palais du Trône, le seul qui ait échappé aux bombardements américains de 1968
La citadelle
Classée au Patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco, Hué, 400 000 habitants est fascinante à plus d’un point de vue. Située à une centaine de kilomètres au nord d’Hoi An, à proximité de la mer de Chine également, sur les rives de la rivière aux Parfums (quel joli nom !), Hué fut la capitale du Vietnam durant le règne de la dynastie des Nguyen. Treize empereurs y régnèrent de 1802 à 1945 d’où les principales attractions de la ville soit la Citadelle (Cité impériale) et les tombeaux des différents empereurs.
Hué a eu la malchance d’être située juste un peu au sud du 17e parallèle, la ligne de séparation entre  le Nord et le du Sud Vietnam.  Ainsi, durant la  Guerre du Vietnam de violents combats y ont fait rage, notamment durant l’offensive du Têt en janvier 1968 alors que l’armée Viêt-Cong du Nord tint la citadelle pendant près de 2 mois malgré de très violents bombardements américains qui la détruisit en grande partie. Sur 300 bâtiments, il n’en reste que 80 aujourd’hui…
Malgré cette triste destruction, la citadelle demeure un site magnifique où il est très agréable de se balader. Plusieurs des bâtiments restants ont été restaurés ce qui nous donne une idée de la majesté et de l’ampleur de la citadelle originale. Entourée d’un mur percé de 10 portes,  la citadelle a un périmètre de plus de 10 km !

 Plus de 80 000 personnes ont travaillé à son édification et 60 000 vivaient à l’intérieur de la citadelle. La ville comprend trois murs d’enceinte : celui de la ville impériale (jusqu’à 20 m de large), celui de la cité impériale et celui de la Cité pourpre interdite, cette dernière abritant les palais royaux. Tout autour, des douves protège la citadelle de l’envahisseur; à l’intérieur, d’autres canaux et étangs contribuent à l’harmonie du site. Hué, faut-il le préciser, a été dessiné en respectant toutes les règles rigoureuses  de la géomancie («feng shui»), un mélange d’astrologie, de légendes et de traditions religieuses.
Le rouge est réservé pour l’empereur, le jaune pour les mandarins (en passant, soulignons que les mandarins, les hauts fonctionnaires de l’État, sont aussi des érudits choisis par concours sur la base de leurs connaissances en littérature notamment et non sur leur position sociale ou fortune personnelle). Les pavillons, temples, pagodes et palais sont tous richement ornés de tableaux de céramique, soutenus par des colonnes de bois peintes en rouge et coiffés de toits aux tuiles rouges et vertes patinées par le temps, magnifique !
 Autre particularité d’Hué : le sang royal qui coule dans les veines de beaucoup de ses habitants. En effet, les empereurs du 19e siècle collectionnaient les concubines par dizaines, voire par centaines. L’empereur Minh Mang eut 300 concubines et 144 enfants !
Enfin, il est supposé être très romantique de faire un tour en bateau sur la Rivière aux parfums qui tient son nom des nombreuses herbes médicinales qui abondaient sur ses rives autrefois. La promenade fut très agréable et nous a permis d’observer les traditionnels sampans qui naviguaient sur la rivière mais, malheureusement, le temps maussade, frais et pluvieux a quelque peu assombri le romantisme de l’endroit…

Site du tombeau de l'empereur Minh Mang
Les tombeaux impériaux
Comme les empereurs chinois, les empereurs vietnamiens firent construire, souvent de leur vivant, de somptueux mausolées pour les accueillir à leur mort. Selon les croyances vietnamiennes, il existe une vie dans l’au-delà et les morts ont les mêmes besoins que les vivants : se loger, manger, dormir etc d’où la construction de ces tombeaux impériaux dans des sites naturels avec des paysages magnifiques. Nous en avons visité trois : celui de Minh Mang (mort en 1840), celui de Tu Duc (1883), celui de Khai Dinh (1925). Tous construits selon les règles de la géomancie, ils ont des traits communs : vastes esplanades, parc avec étangs paisibles, grands escaliers, portes richement décorées, cour d’honneur où sont alignées des  rangées de statues de soldats, mandarins, chevaux et éléphants, stèle gravée de la biographie de l’empereur, pavillons, temples et, finalement, le tombeau lui-même qui, surprenamment, est souvent sobre et dépouillé.
Chaque site est différent et nous rappelle que, malgré toutes leurs richesses terrestres, ces empereurs très puissants qui se considéraient comme des dieux ont fait face à la seule justice sur terre !
La pagode de Thiên Mu
À 5 km à l’ouest de la ville, la pagode de Thiên Mu, appelée «Pagode de la vieille Dame céleste» été fondée en 1601. L’édifice actuel date toutefois de 1841. La tour octogonale à 7 étages, qu’on voit sur toutes les cartes postales de Hué, symbolise les 7 réincarnations de Bouddha.
À l’entrée du temple, un «happy bouddha»… cela nous fait encore tout drôle de voir ces statues vietnamiennes de Bouddha qui le représente gros et bedonnant avec des bijoux et un grand sourire… on est loin du Bouddha très simple et mystique du Myanmar… on nous explique qu’après avoir vécu des moments difficiles, le vietnamiens recherchent et valorisent et la prospérité et le bonheur… ils ont donc fait un Bouddha à cette image… «same, same but different» comme on dit souvent ici… !
Cette pagode est aussi tristement célèbre car elle abrite une étrange relique : une automobile Austin bleue ayant appartenu à un bonze (moine) qui, en 1963, s’immola par le feu en plein cœur de Saigon pour protester contre le pouvoir dictatorial de l’époque. En 1975, après la défaite du Sud, des milliers de moines bouddhistes furent envoyés dans des camps de rééducation et les biens des pagodes furent confisqués. Douze bonzes de Hué se suicidèrent à la manière de leur prédécesseur en signe de contestation. Il y a seulement quelques années, un fidèle s’est fait subir le même sort dans le jardin de la pagode… Difficile d’imaginer tant de souffrance dans ce jardin si calme et accueillant avec ses nombreux arbres fruitiers et bonsaïs…
Le temps pluvieux et frisquet nous chasse finalement de Hué. On nous dit que c’est l’hiver le plus froid que le Vietnam ait connu depuis des dizaines d’années. Pauvres de nous… nous montons vers le nord, il paraît qu’il gèle dans les montagnes au nord d’Hanoi… Brrrrrrrrr

HÔI AN

Hôi An au petit matin
5 au 6 janvier 2011
Au centre du pays, sur le bord de la mer de Chine, Hôi An est réputée pour être la plus charmante petite ville du Vietnam. Épargnée des bombardements américains grâce à l’ensablement de sa rivière qui empêcha les navires de guerre de s’y aventurer, elle a été déclarée «Site du Patrimoine mondial» de l’Unesco grâce à l’architecture bien préservée de la vieille ville qui date du 18e et 19e siècle. Il ne s’agit pas seulement de quelques édifices mais de  rues entières qui ont conservé leur cachet. On dénombre plus de 800 édifices classés; tous ne sont pas restaurés bien sûr mais on peut visiter quelques magnifiques demeures de grands bourgeois de l’époque et prospères marchands chinois ainsi que des pagodes: un mélange d’architecture chinoise, japonaise et vietnamienne.
«En raison des conditions climatiques (moussons et tempêtes), les bateaux et les négociants étaient souvent contraints de rester à Hôi An quelque temps. Ils se faisaient construire des demeures et des entrepôts. C’est aussi à Hôi An que débarquèrent les premiers marins et missionnaires portugais. Parmi eux, Alexandre de Rhodes, un jésuite français arriva à Hôi An en 1625 et y séjourna 3 ans. Il apprit le vietnamien avec une rapidité déconcertante et commença son travail de «latinisation» de la langue vietnamienne : il inventa l’alphabet vietnamien, le «quoc ngu», avec les nombreux accents sur des lettres de l’alphabet romain. Jusque là, le vietnamien s’écrivait en caractères chinois. Lorsqu’en Chine la dynastie Ming fut renversée, de nombreux mandarins, nobles et commerçants chinois vinrent se réfugier à Hôi An et y firent souche. Des japonais vinrent également et un superbe art sino-nippon naquit, donnant à la ville son style original.»

Le célèbre pont japonais d'Hôi An

Nous sommes arrivés à Hôi An au petit matin, une légère brume envahissait la rivière et la ville encore endormie, quel spectacle magnifique !
La vieille ville est piétonnière, il est donc très agréable d’y déambuler. Elle n’a évidemment pas échappé au développement touristique mais les commerces et restos sont de bon goût et offrent une marchandise de qualité.


En visitant les maisons de la vieille ville, nous avons pu observer la plus ancienne pratique religieuse au Vietnam, soit le culte des Ancêtres, antérieure au bouddhisme et au confuciasnisme.

Un Autel des ancêtres
 «Nombreux sont les vietnamiens qui s'en contentent car, pour honorer leurs ancêtres, pas besoin d'aller à la pagode, ni de sortir de chez soi. Il suffit de rester à la maison et de prier ses ancêtres devant l'autel qui leur est destiné. Tous les vietnamiens pratiquent ce culte domestique depuis l'aube des temps. Même les militants communistes athées les plus durs se prosternent devant ce petit meuble sur lequel ont été disposés des photos, des fruits, des fleurs et quelques batons d'encens, en mémoire de leurs ancêtres. Car les vietnamiens considèrent que les âmes de leurs parents survivent après leur mort et qu'elles protègent leurs descendants. Les âmes des ancêtres sont les protectrices de la lignée; c'est à elles qu'on s'adresse en premier lieu pour demander la guérison d'un enfant malade ou le succès dans les affaires. Si un homme meurt sans descendance, si l'encens ne brûle plus sur l'autel, les âmes des disparus sont condamnées à une errance éternelle. Pour une famille, c'est la plus terrible des malédictions ! Dans chaque maison vietnamienne, l'autel des ancêtres occupe une place importante, il est le coeur du foyer, atteignant parfois la dimension d'une pièce. On a l'impression d'entrer dans une sorte de chapelle... endroit dédié aux esprits. C'est un centre de ralliement, le symbole de de la solidarité des générations. C'est devant l'autel des ancêtres que les grandes décisions se prennent et que les enfants se marient.»
Autre curiosité d’Hôi An… ses tailleurs… on y dénombre près de 500 boutiques de confection de vêtements sur mesure ! On dit qu’il suffit de leur présenter une photo d’un vêtement tirée d’un magazine et en 24 heures, ils vous le reproduisent à bas prix !

Bouddha «rieur» à la Montagne de marbre
Nous nous sommes aussi baladés aux alentours à moto. Tellement populaire la moto au Vietnam qu’il n’en coûte que 5$ par jour pour en louer une. On ne vous demande ni votre permis de conduire, ni votre nom, aucun papier à signer, vous partez avec la moto et vous payez 5 $ au retour !!! À 20 km au nord d’Hôi An, en bord de mer, se dressent les cinq Montagnes de marbre symbolisant les cinq éléments terrestres. Une seule est accessible, Thuy Son, le mont de l’Eau; elle abrite de nombreux temples et pagodes ainsi que des grottes, parfois minuscules, parfois immenses, toutes utilisées pour le culte de Bouddha ou de dieux et génies les plus colorés les uns que les autres. Une visite bien agréable dans un cadre naturel calme et reposant tout empreint de sérénité.
Au pied des montagnes de marbre s’affairent des centaines d’artisans sculpteurs taillant bouddhas, animaux et statues de toutes sortes. Le marbre est désormais importé de Chine, les vietnamiens protégeant ainsi leur patrimoine.
Enfin sur la route le long de la mer, nous avons été étonnés de voir les mégas projets de construction de complexes hôteliers. Toutes les grandes chaînes internationales semblent y avoir un chantier. Des routes à six voies sont déjà en place, le Vietnam se prépare pour recevoir le monde !!!

HO CHI MINH VILLE alias SAIGON

Hotel de ville de Saigon
1er au 4 janvier 2011
NAM MOI ! BONNE ANNÉE 2011 !
Saigon, l’ancienne capitale du Sud-Vietnam a été renommée Ho Chi Minh City (HCMC) après la victoire des communistes du nord en 1975 et la réunification du pays. Saigon, vaincue, a perdu son titre de capitale au profit d’Hanoi au nord. Les vietnamiens du sud ont toutefois gardé l’appellation Saigon. Un peu d’histoire pour nos plus jeunes lecteurs qui n’ont pas vécu l’époque de la Guerre du Vietnam…
«Après la victoire communiste d’avril 1975, il n’y eut pas de bain de sang comme celui perpétré à Phnom Penh (Cambodge) par les khmers rouges. Mais la plupart des fonctionnaires de l’ancienne administration et des officiers de l’armée du sud furent envoyés illico presto en camps de rééducation, le Goulag vietnamien, d’où beaucoup ne revinrent jamais. La ville entra dans la pénombre du collectivisme le plus dur. Comme après toute bonne révolution, l’ancienne capitale vaincue dut se soumettre aux règles inflexibles du socialisme bureaucratique venu du Nord-Vietnam. La ville entra de force dans un carcan politique, administratif et policier auquel rien ne l’avait préparé. Les bars à filles et les discothèques furent fermés, les commerces, les maisons, les immeubles privés furent réquisitionnés, enlevés à leurs propriétaires, confisqués par le nouvel État totalitaire. Les rues de Saigon se vidèrent. Ne restèrent que les cyclo-pousses et les vélos. Les Nordistes victorieux habillèrent l’ancienne capitale du sud avec les habits sobres et austères de la révolution. On passa subitement de la mini-jupe et des talons hauts aux pantalons noirs et sandales en caoutchouc. Gym tous les matins à 6 h au rythme des haut-parleurs crachant à n’en plus finir des slogans de propagande ! Saigon la pute a été battue par Hanoi la prude, soupiraient les derniers occidentaux à partir. Les nouveaux maîtres de la ville mirent un espion derrière chaque porte, Saigon libérée se réveilla soudain privée de liberté ! Des centaines de milliers de saïgonnais s’enfuirent alors par la Mer de Chine, entassés dans des rafiots de fortune. Environ 1,5 million de «boat people», la plupart du Sud-Vietnam, quittèrent le pays clandestinement via les canaux du delta du Mékong… (extrait du Routard)».
Des saïgonnais nous ont raconté qu’après la fin de la colonisation française en 1954, les livres en français ont été brûlés, il était interdit de parler français… idem en 1975, fini l’anglais, on enseigne le russe dans les écoles, tous les manuels sont en russe… on raconte au peuple que la Russie est la nation #1 au monde. Mais les saïgonnais qui avaient été ouverts au monde extérieur savaient que l’anglais était important et les plus instruits ont continué d’enseigner l’anglais  à leurs enfants, le soir à la maison.
Après la chute du communisme en 1991 et l’ouverture du pays au tourisme étranger en 1995, Saigon a vraiment pris son essor et tout a changé à la vitesse grand V. Dynamique et vivante plus que jamais, Saigon travaille à reprendre ses 40 ans de retard sur les autres grandes métropoles sud-asiatiques.  Partout, on construit, on rénove, on efface les traces de la guerre.
Nous avons été émerveillés de voir l’explosion de lumière et de décoration au centre-ville pour souligner le passage à la Nouvelle Année occidentale. Quand on sait que la grande fête du Têt,  le Nouvel An vietnamien, ne se tiendra qu’à la fin janvier, on ne peut que constater à quel point Saigon est tournée vers le monde extérieur ! Certains pourront déplorer son manque d’authenticité mais c’est ça la «globalisation mondiale» et après toutes ces années de vache maigre, on ne peut leur reprocher de vouloir retrouver leur prospérité d’antan, Saigon ayant déjà été surnommée «le Petit Paris» et aussi «la perle d’Extrême-Orient».
Visite de quelques musées, question de s’instruire sur l’histoire du Vietnam et sur la vie de l’oncle Ho (surnom d’Ho Chi Minh) mais on en saura plus à Hanoi, son fief !
Autres visites obligées des environs d’Ho Chi Minh ville, les tunnels de Cu Chi et le temple Cao Dai de Tây Ninh
Tunnels de Cu Chi
«Immense réseau d’étroites galeries souterraines creusées à la main par les Viêt-Cong pour se réfugier se défendre contre la machine de guerre américaine, les tunnels de Cu Chi, longtemps fermés au public, constituent aujourd’hui l’un des plus grands sites historiques de la guerre au Vietnam. D’abord pour comprendre la ténacité et l’ingéniosité des maquisards qui surent résister avec trois fois rien à l’une des armées les plus puissantes et les plus sophistiquées du monde. Ensuite pour découvrir les conditions atrocement difficiles dans lesquelles vécurent les civils et les soldats Viêt-Cong du maquis de Cu Chi. Voici sans doute la région du Vietnam, qu’on appelle «le Triangle de fer» en raison des bombardements intensisf mais aussi à cause de la détermination farouche de ses combattants. C’est la région qui a le plus souffert sous les bombes,  les défoliants et le napalm. (Extrait du Routard)»
Tres etroits les tunnels de Cu Chi
Ces tunnels qui avaient été creusés dans les années 1940 pour lutter contre les français ont passé de 17  à 250 km durant la lutte anti-américaine, un travail de fourmi, réalisé dans l’ombre par des villageois encadrés secrètement par des officiers communistes infiltrés au Sud-Vietnam. Les paysans travaillaient dans les rizières le jour et se transformaient en soldat la nuit. Les Américains n’ont jamais pu vaincre cet ennemi  «invisible» qui disparaissait devant eux dans la nuit grâce à des trappes habilement camouflées qui les conduisaient à leurs tunnels creusés si profondément qu’ils résistaient aux bombardements les plus puissants.
Les Américains ont finalement  découvert l’existence de ces tunnels, à environ 60 km de Saigon, mais ils n’ont pu jamais les vaincre car ils étaient bien protégés par de multiples pièges meurtriers. Les soldats et même les chiens qui ont tenté d’y pénétrer ont été empalés à l’entrée de ceux-ci par des pieux empoisonnés.
Nous avons apprécié notre visite à Cu Chi mais nous avons trouvé plutôt inconvenante la façon dont notre guide local nous a parlé de Cu Chi, de manière désinvolte, en faisant sans cesse des blagues de mauvais goût, sans aucun respect pour toutes les pertes de vie survenues ici et quand on sait les horreurs de la guerre vécue par les deux camps. C’est peut-être que les vietnamiens ne veulent plus parler de la guerre, veulent oublier ce tragique épisode…
Cu Chi, l’endroit où se révèle le génie guerrier d’un peuple capable de vaincre un éléphant avec l’énergie d’une fourmi…
Temple de Cao Dai
À 96 km au nord-ouest de Saigon, la ville de Tây Ninh est le Saint-Siège de la religion cao dai, une nouvelle religion inventée par un fonctionnaire cochinchinois dans les années 1920, une tentative de synthèse entre les grandes philosophies religieuses d’Occident et d’Extrême-Orient.
Le principe de base du caodaïsme, c’est qu’il n’existe qu’un seul Dieu. Être Suprême et créateur de l’univers, commun à toutes les religions et croyances de la planète, une religion universelle sans distinction de races ou de continents. Si tous les hommes sur terre avaient conscience de cela, le monde aurait vécu dans la paix, la justice et l’amour.  Le caodaïsme prend ce qu’il y a de meilleur dans toutes les religions : bouddhisme, confucianisme, taoïsme, christianisme et islam. Ainsi les croyants vénèrent Bouddha, Sakyamuni, Confucius, Lao-Tseu, Jésus-Christ et Mahomet sans oublier l’héritage spirituel propre au Vietnam, c’est-à-dire  le culte des esprits, des saints et des génies.
Particularité intéressante de cette religion, les caodaïstes sont convaincus que le message divin leur est transmis directement de Dieu à-travers des mediums lors de séances de spiritisme. Les caodaïstes vénèrent également des personnages illustres tels Victor Hugo, Jeanne d’Arc, Descartes, Pasteur, Shakespeare et même Lénine avec lesquels les médiums sont entrés en communication au cours d’une séance de spiritisme.
Cette religion compte maintenant moins de 2 millions d’adeptes à-travers le Vietnam; elle a été grandement décimée lorsque les communistes ont pris le pouvoir parce qu’elle s’était mêlée de politique et avait pris position du côté des régimes français et américains auparavant. Elle avait même constitué une armée privée de 25 000 hommes aux services des japonais durant la Seconde Guerre mondiale.
Nous avons assisté à une des quatre messes caodaïstes quotidiennes, tous les fidèles vêtus de grandes tuniques blanches, les dignitaires en jaune (branche bouddhiste), en bleu (branche taoïste) et en rouge (branche confucianiste). Aucun sermon, aucun discours, juste des prières et des offrandes au son de la musique d’un petit orchestre et des murmures d’une chorale.
Le temple, mi-pagode, mi-église, est lourdement décoré de statues, dragons et animaux mythiques de toutes les couleurs. C’est un bel exemple d’art «kitsch», agréable à l’œil mais fort différent de l’architecture des stupas bouddhistes, des pagodes chinoises et des temples khmers que nous avions vus à date. Unique, une curiosité qui en valait le détour !!!

CAN THO et le Delta du Mékong

28 au 31 décembre 2010
On surnomme à juste titre le Delta du Mékong, le «Bol de riz» du Vietnam. Tapissé de rizières, il offre au regard un tableau dans tous les tons de vert. C’est un monde deau où les bateaux, les maisons et même les marchés flottent sur des rivières, des canaux et des ruisseaux sans fin. Bataillant sans cesse avec la nature et les saisons, les vietnamiens du Delta fournissent à eux seuls toute la provision de riz du Vietnam entier et même plus ! Le Delta a été formé au fil des siècles par les sédiments laissés par la crue des eaux du Mékong durant la mousson. Le processus continue toujours, le delta avançant de 80 m par année dans la mer de Chine  ! En plus du riz, le delta produit aussi quantité de canne à sucre et de fruits. Région donc très rurale mais aussi densément peuplée; chaque parcelle de terre est occupée ou cultivée. Les changements climatiques et la déforestation en amont du Mékong sont des facteurs qui ont déjà influencé l’équilibre fragile de cet écosystème, des inondations dévastatrices et meurtrières ont sévi au cours des dernières années.
Les environs de Can Tho nous offrent un des spectacles les plus typiques et authentiques du Vietnam, les marchés flottants. Celui de Cai Rang est le plus gros. On y accède depuis Can Tho en une heure dans une petite barque à moteur, balade agréable qui nous permet d’observer la vie quotidienne dans les canaux du Mékong. Ici, tout se passe sur l’eau, déplacements, agriculture etc. Les maisons sont construites sur une toute petite parcelle de terre, le maximum de terrain est consacré aux rizières. Le marché de Cai Rang est celui des grossistes… des bateaux chargés à pleine capacité de fruits et légumes, melons, cantaloups, patates douces, maïs, oignons, fines herbes etc. On accroche à l’avant du bateau au bout d’une longue perche un fruit ou légume pour annoncer la marchandise à vendre à bord. De plus petites barques circulent et abordent le bateau pour négocier, acheter et embarquer les produits qu’on ira revendre dans les marchés locaux du delta.

Notre balade nous amènera aussi à un autre marché, celui de Phong Diên, plus petit celui-là mais tout aussi coloré. Nous verrons aussi en route des bateaux qui vendaient des vêtements, d’autres qui transportaient des cargaisons de bois, de gravier, de sable et de combustible. Remplis à raz bord, ils sont quasi immergés mais flottent toujours !
En route, nous nous arrêtons à une fabrique de galettes de riz, ces galettes minces de 30 cm de diamètre qu’on utilise pour faire les si exquis rouleaux printaniers que nous dégustons toujours avec autant de plaisir. On utilise du riz et du tapioca pour faire une pâte claire qu’on étend par mince couche sur une plaque de cuisson; on recouvre la pâte d’un couvercle et en moins d’une minute, c’est cuit, on l’enroule autour d’un large bâton rond pour la retirer et on la dépose sur un treillis de bambou qu’on dispose ensuite au soleil pour la faire sécher pendant 2 heures. Bien emballé au sec, on peut conserver ces galettes pendant des années. Il suffit de les retremper dans l’eau pour les assouplir, y ajouter un peu de laitue, de carottes, d’échalottes, de morceaux d’omelettes et de crevettes pour confectionner les plus délicieux rouleaux printaniers que vous n’ayez jamais mangés ! Miam ! Miam !